10 bonnes raisons de danser le tango

J’ai découvert le tango il y a plus de dix ans et même si je le délaisse parfois pour de longues absences, je sais que j’y retrouverai toujours le plaisir intact et extatique que seule cette danse peut m’offrir.

« Le tango, je me demande pourquoi ça se danse debout ! » Guitry

Voici 10 bonnes raisons d’apprendre à danser le tango :

  • Apprendre à (très) bien marcher sur des talons

Pour bien danser le tango, il faut savoir parfaitement marcher seul puis à deux : sentir son axe, trouver son équilibre, faire descendre le poids dans le sol tout en gardant une totale liberté de mouvement et surtout être ouvert à l’imprévu.

Le tango argentin est une marche musicale et contrariée et c’est selon moi la meilleure école pour apprendre à danser sur 10 centimètres de talon, avis aux showgirls !

La belle Geraldine Rojas

Sans parler de toutes les ornementations et autres fioritures que les meilleurs peuvent ajouter à leurs mouvements :

*Ajout post publication*
Judith (que l’on voit danser plus bas) m’indique une autre mine d’or de fioritures, brillamment exécutées par un garçon. Take note of this good example guys!

  • Avoir une (très) belle chute de reins

En commençant le tango, une des premières choses que j’ai remarquée, c’est la ligne éhontément cambrée et délectable des danseuses. Ce fut évidemment l’une de mes motivations pour continuer.

Je pense que la posture du tango, avec le bassin légèrement reculé et le ventre soutenu, doublée du port de talons et de la marche en arrière, sont très bénéfiques pour le galbe des jambes et des fesses. A méditer…

La preuve en image avec Sigrid :

  • Prendre des inconnu(e)s dans ses bras

Entrer dans une Milonga (bal tango), c’est un peu comme pousser les portes des bains Gellert à Budapest : vous savez que vous allez passer un bon moment, pénétrer dans une atmosphère douce, chaude et vous faire porter par le courant en oubliant le temps qui passe.

Ici, pas de bains à 38° mais des êtres vivants et dansants, à la même température, que vous allez prendre dans vos bras. Croyez-moi, c’est un sentiment magique et réconfortant.

Je retrouve cet effet « bain chaud » dans cette vidéo de mes maîtres vénérés Christophe et Judith :

  • Découvrir de nouveaux corps

A moins de fréquenter les saunas gays, c’est quelque chose que la vie nous offre peu, au fond, la découverte facile et immédiate de nouveaux corps. Loin de moi l’idée que le monde du tango soit un immense bordel mais c’est néanmoins un endroit formidable pour « essayer » l’autre.

Quel plaisir de se blottir contre ces corps et de découvrir leur langage ! Chacun amène sa façon d’être dans le sol, son abrazo, sa musicalité et un même tango ne donne jamais la même danse.

C’est étonnant de voir à quel point on parle parfois la même langue avec un danseur ou au contraire, on ne comprend pas un mot de ce qu’il nous dit. J’ai parfois eu des expériences désastreuses avec les danseurs sur lesquels je fantasmais le plus : nos deux corps restaient désespérément étrangers l’un l’autre, et vice versa.

  • S’oublier dans la musique

Je ferme très souvent les yeux en dansant et j’aime ce moment où je ne pense plus. Le mouvement passe de corps à corps et c’est extrêmement reposant. En général, quand l’esprit s’en mêle, les jambes s’emmêlent.

« La danse appartient au silence de l’esprit » Ruth Saint-Denis
  • Satisfaire son fétichisme des talons aiguilles

L’envie peut même vous réveiller au beau milieu de la nuit !

J’imagine que vous n’avez pas besoin de faire du tango pour satisfaire vos penchants mais songez au plaisir éprouvé lorsque vos yeux balayeront la piste de danse, au ras du sol, et s’arrêteront sur chaque bas de jambes juchés sur leurs aiguilles de satin, de panthère, de velours émeraude ou de paillettes dorées…

  • Perdre ses repères

Les « gens du tango » sont souvent des drogués de danse et ne savent pas s’arrêter. Il y a des festivals où, tels les protagonistes d’ On achève bien les chevaux, ils dansent quasiment non stop pendant 3 jours. Alors ils s’endorment parfois sur un matelas posé à même le sol et se réveillent aux hasards de la musique, pour recommencer à danser. Il y a une atmosphère étrange de décalage horaire où la nuit et le jour n’existent plus vraiment.

  • Parler à des gens passionnants

… Sans jamais évoquer leur identité sociale et professionnelle

J’ai remarqué que c’est presque tabou de parler « boulot » au tango et c’est très bien comme ça. Faites les test dans une soirée, combien de temps pouvez-vous discuter avec quelqu’un sans que cette question n’arrive sur le tapis ?

Je dois cependant avouer avoir cassé cette règle plusieurs fois pour être plus facilement invitée. Quoi de mieux que de donner une de mes cartes de visite où je figure presque nue pour m’attirer les faveurs des danseurs ? … Déloyale, moi ?

  • Ne pas parler

Le tango est un repère de choix pour les timides et les Aspergers en tout genre. Vous pouvez tout à fait y passer la nuit sans dire plus de 3 mots : « voulez-vous danser? », « oui », « non ». Et encore, ils sont accessoires, l’invitation et le consentement se donnant plutôt par le regard.

  • Être chez soi à l’étranger

Il est possible de danser le tango partout dans le monde. Sachez que même là où tout vous semble étranger, vous trouverez toujours une bulle familière. J’ai fait cette expérience en Chine et j’étais ravie de créer des liens si facilement.

Alors, conquis ?

… Un jour, je vous parlerai peut-être des bonnes raisons de ne pas danser le tango !

Il y aurait tant à en dire… Art : Garcia Cabral

 

13 commentaires

  1. Ça à l’air génial!
    Je crois que je ne pourrai plus vivre si je ne m’inscrit pas à un cours de tango tout de suite.
    Vraiment, je suis conquise. Merci beaucoup pour cet article :)

    1. Oh merci Alia !
      Voila le type de commentaire encourageant qui ne peut que m’inciter à continuer de me répandre dans ce journal.

      Si tu es à Paris, les cours de tango, ce n’est pas ce qui manque.
      J’ai beaucoup appris avec Christophe Lambert et Judith Elbaz :
      http://www.judithetchristophe.com/cours.html
      Ils sont très demandés, il faut donc s’y prendre à l’avance pour s’inscrire et de préférence avoir un partenaire.

      Sinon, j’ai un ami qui donne des cours également :
      https://www.facebook.com/groups/lesmercredisduchantier/?pnref=story

      Mais aussi Claudia, que j’aime beaucoup :
      http://anitaetclaudiatango.blogspot.fr/p/cours-reguliers.html

      Tu peux toujours m’écrire pour plus de détails ;)
      …Ou pour connaître les bonnes raisons de NE PAS danser le tango…

      1. Merci pour ces précieux conseils.
        Mais maintenant je suis trop curieuse de connaître les bonnes raisons de ne pas danser le tango…!

      2. Et bien tu n’es pas la seule ! J’ai reçu quelques demandes en ce sens, surtout de la part de danseuses et de danseurs, qui ont hâte de voir si on partage le même côté obscur du tango ;)

        Je vais donc me pencher avec soin sur la rédaction de cet article…

  2. Voilà presque des mois que je suis silencieusement ton blog. Mais si les commentaires t’encouragent, je me sens une quasi responsabilité, que dis-je, un devoir, de me manifester. Succulent, délicieux, rafraîchissant ou subtilement acidulé… je ne manque plus aucun de tes billets. Merci pour ces témoignages habilement … « emplumés » ;)

    1. Merci Salvia ! Excellente initiative :)

      Un blog sans commentaire, c’est un peu comme un show sans public (apparent du moins). J’aime écrire, mais savoir que d’autres aiment me lire me comble.

      Alors à bientôt pour de nouvelles aventures !

  3. je viens de découvrir ton blog… bien après avoir t’avoir vu en « vrai » lors d’un effeuillage … bravo pour ton enthousiasme et tes passions .
    Cynthia

    1. Alors….J’en ai beaucoup entendu parler.
      N’oublions pas que le taux de dépression en Finlande est très élevé, ainsi que le degré d’alcolémie.
      Ceci expliquant cela, voila comment le tango finlandais se retrouve aux antipodes du tango argentin : il a du lentement glisser du doux royaume de la nostalgie vers d’autres rivages un peu f(l)ous…
      :)

    1. Merci Lucie, ils sont très beaux ces dessins !

      Je dois reconnaître que le tango n’est pas toujours aussi glamour… Déjà parce qu’il est recommandé d’être pieds nus dans ses souliers de danse pour de meilleures sensations. Exit les bas nylon !

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