Le complexe du Bernard l’hermite

Il y a quelques mois, Vicky Butterfly se séparait de certains costumes qu’elle ne portait plus depuis longtemps. J’ai sauté sur l’occasion et je lui acheté cet ensemble de jeune fille en fleur.

Mireille Ampilhac l’a photographié en avant première lors de notre shooting Ziegfeld Girl.

Un je ne sais quoi de Renaissance italienne

 Le luxe du prêt-à-porter

Pouvoir récupérer ce costume « déjà-porté » était une opportunité unique.

Les showgirls le savent bien, la fabrication d’un costume est l’une des choses les plus excitantes mais aussi les plus éreintantes qui soit, sans parler du budget qui part souvent vite en fumée.

Je soutiens allègrement la création et je me lance aussi à mes heures perdues dans le DIY, mais parfois, pouvoir se procurer un ensemble prêt à être porté, sur la base duquel on peut broder, au sens propre comme figuré, c’est un vrai luxe.

D’autant que ce costume de fleur venait tout droit de la garde-robe de l’une de mes fées préférées, la très victorienne et évanescente Vicky Butterfly.

Le bateau de Thésée renversé

Passée la joie de l’acquisition, j’ai tout de même été prise d’un léger doute. Comment porter sur scène un costume de Vicky sans « faire du Vicky » ?

J’en viens au pradoxe du bateau de Thésée. Ecoutons ce que Wikipédia nous dit là-dessus :

D’après la légende grecque, rapportée par Plutarque, Thésée serait parti d’Athènes combattre le Minotaure. À son retour, vainqueur, son bateau fut préservé par les Athéniens : ils retiraient les planches usées et les remplaçaient – de sorte que le bateau resplendissait encore des siècles plus tard. Alors, deux points de vue s’opposèrent : les uns disaient que ce bateau était le même, les autres que l’entretien en avait fait un tout autre bateau. Le problème est de savoir si le changement de matière implique un changement d’identité, ou si l’identité serait conservée par la forme, ou encore d’une autre façon ?

Do it yourself boys!

Renversons le paradoxe : si on garde le bateau intact, dans toute sa splendeur et qu’on change seulement le capitaine, pourra-t-on le voir sous un autre jour ou restera-t-il à jamais « le même », nimbé de l’aura de son précédent propriétaire et éternel témoin de ses aventures passées ?

Le style de Vicky est tellement distinct et identifiable, que même si je me voyais assez bien dans ce costume de fleur, j’avais un peu peur à l’idée d’être un misérable Bernard L’Hermite dans un coquillage trop grand.

J’en ai parlé très franchement à Vicky qui m’a confiée qu’elle ne s’était jamais sentie à l’aise dans ce look, pensant justement qu’il ne lui correspondait pas. Cette coquille serait donc peut-être pour moi…

L’éclosion des idées

J’ai déjà eu l’occasion de porter ce costume quelque fois en soirée et je me le suis assez vite approprié. J’aime particulièrement la gaine ajourée, si serrée à la taille et la douceur des couleurs.

Quant à savoir ce que j’en ferai, j’ai déjà quelques idées sur la question. Je ne vous en dirai pas trop ici, mais j’aimerais créer une atmosphère qui glisserait de l’Art Nouveau au Flower Power des années 70.

Il n’en reste pas moins qu’une bonne partie du costume de ce nouveau numéro reste encore à penser et à créer. J’en reviens donc au premier point : le cauchemar excitant, ou l’excitation cauchemardesque de la création de costume.

On stage soon!

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