Les ballets de Noël

Les débuts de ce Journal sont décidément très marqués par le Ballet de l’Opéra de Paris. Cela est autant dû à mon goût prononcé pour la chose qu’à des hasards de calendrier.

Cette année, dans la série « Ballets de Noël », j’ai vu La Source et Casse-Noisette.

Attention, billet fleuve !

La Source

Voilà un grand divertissement orientalisant, au livret inconsistant et aux costumes sublimes, signés Christian Lacroix. Mais au diable la narration quand on peut se rincer l’oeil, ou l’oreille (je pense aux opéras Baroques qui sont aussi parfois vides de sens).

Ces couleurs me rendent folle

Imaginez des nymphes évanescentes et des elfes moulés dans leurs caleçons vert tendre, frémissants dans une forêt imaginaire, aux confins de la Perse. Imaginez un harem fantastique, où déambulent de longues jambes voilées d’une sorte de mousseline tantôt chair, tantôt or. Ajoutez à cela la très jolie musique de Ludwig Minkus et Léo Delibes et vous y êtes.

Mes coups de coeur :

  • La sublime Eve Grinsztajn

Quelle classe ! Eve a sans doute un des visages les plus parfaits qu’il m’ait été donné de voir (prenez vos jumelles de théâtre si vous êtes placé loin).

A couper le souffle, non ?
Cette bouche, cette ligne de sourcil…

C’est aussi et surtout une excellente danseuse et je l’apprécie d’autant plus qu’elle interprète véritablement ses personnages. C’est simple, quand elle entre en scène, elle attire tous les regards.

Je rêverais de la voir dans la Bayadère ou dans La Dame aux Camélias.

En Nouredda, dans La Source
  • La théâtrale Valentine Colasante

C’est la première fois que je la voyais danser et je lui ai trouvé, dans ce rôle de favorite délaissée, des airs Hollywoodiens dignes de Gloria Swanson dans Sunset Boulevard. Il faudrait lui offrir Hollywood Babylone pour Noël. Je suis sûre qu’elle y trouverait encore plus d’inspiration, mais sans doute l’a-t-elle déjà lu.

Au fond, je me demande si elle n’en faisait pas un peu trop, mais cela m’a amusée de voir ce « presque mauvais goût » sur les planches de l’Opéra Garnier. Et puis une fois encore, quel costume magnifique ! J’aurais bien dévalisé sa loge au coeur de la nuit, ni vu ni connu.

Je ne suis pas sûre qu'il s'agisse de Valentine, mais quel look !
Je ne suis pas sûre qu’il s’agisse de Valentine, mais quel look !
Wanted!
Wanted!
  • Le très très beau Audric Bezard

Sans mauvais jeu de mots, Audric Bezard est très… Bref. Il dansait ce soir là Mozdock, le frère de Nouredda (Eve Grinsztajn). Disons qu’il m’a marquée par sa danse, son charisme et son regard de beau brun ténébreux.

A la scène comme à la ville, le jeune homme semble être tout à fait maître de ses charmes. Le voici dans un shooting pour Grazia.

audric-bezard-grazia

Très intéressant ce T-shirt
  • Le folklore cosaque

Le ballet est émaillé de danses de caractère fort charmantes, au cours desquelles les danseurs s’envolent dans d’incroyables sauts et frappent le sol de leurs bottes de cuir. Chapka et jupes bouffantes sont de sortie.

La Source m’a véritablement enchantée, c’est un émerveillement permanent, mais n’allez pas voir ce ballet en espérant passer un grand moment d’émotion, ce n’est pas le propos.

Le bonus :
Croiser Nathalie Portman au bras de Benjamin Millepied, s’exclamant, l’air aux anges :

Oh my god, it was fabulous! This guy jumped so high, I thought he was going to touch the ceiling!

Vous pouvez encore voir ce ballet jusqu’au 31 décembre, je vous conseille de chercher des billets par ici.

Cliquez sur les images pour les agrandir.

Casse-Noisette

J’étais très impatiente de voir Casse-Noisette, c’est vraiment le Ballet incontournable de Noël.

Il s’agit là encore d’un grand divertissement mais dans un genre très différent de La Source. En deux mots, j’y ai vu une belle comédie musicale de Broadway, les chansons en moins.

Je me demande si je n’ai pas été déçue par ce ballet. Mais je ne crois pas. J’ai passé un excellent moment, je ne me suis pas ennuyée et j’étais ravie. Seulement, je n’ai pas vu exactement ce à quoi je m’attendais…

  • La magie de Noël, oui, mais

Les décors n’étaient pas toujours à la hauteur. J’ai un peu l’air d’une enfant gâtée en disant ça, mais autant dans la première partie, le public a droit à un bel intérieur bourgeois à la veille de Noël, autant dans la deuxième, il reste dans un vaste hall de gare décoré de quelques chandeliers. J’exagère peut-être un peu, mais pas tant que ça.

I’m gonna swing from the chandeliiiiiiiiier
  • De la danse, oui, mais

Finalement, il y a beaucoup de passages typiques d’une comédie musicale : le corps de ballet déambule, de très jeunes danseurs font leur premiers pas sur scène en tirant quelques révérences, de gros rats cauchemardesques gesticulent autour de Clara. C’est très divertissant, mais passé une heure de spectacle, il ne reste pas beaucoup de souvenir de danse en tête.

L’acte deux pourrait heureusement nous rassasier. C’est là que doivent s’enchainer les danses espagnole, arabe, russe, chinoise et pastorale sur les tubes de sieur  Piotr Ilyich Tchaikovski. Elles sont très belles ces danses, mais un peu trop courtes à mon goût. Quant aux pas de deux, ils ne m’ont pas enthousiasmée : un peu raides, un peu kitsch et sans beaucoup de sentiment.

  • Mais comment résister

– A la danse des flocons
Si magique et poétique ! Et bravo aux danseuses qui enchaînent les sauts sur une scène recouverte de flocons vraisemblablement très glissants.

– Aux trois chinois bondissants

chinois-casse-noisettD’autant que, parmi eux ce soir là, dansait le beau et technique Cyril Mitilian.

– A Aubane Philbert et Charlotte Ranson
Elles étaient très belles et très gracieuses dans la danse pastorale, une véritable parenthèse enchantée.

– Au Casse-Noisette

Oui, c’est bête, mais j’ai trouvé la marionette attachante et, comme Clara, j’aurais pu l’aimer très fort.

Le bonus :
Sur twitter, quelqu’un a dit avoir été le témoin de cette désarmante remarque :

Mais t’avais vu toi que la poupée c’était un casse-noisette?! Je lui trouvais une tête bizarre aussi…

Vous pouvez encore voir Casse-Noisette jusqu’au 31 décembre, je vous conseille de chercher des billets par ici.

6 commentaires

      1. après vérification, la danseuse au sujet de laquelle vous dites : « quel look! » est Charline Giezendammer (j’espère ne pas écorner son nom)

  1. Je reste sur le goût incroyable d’un casse noisette que j’ai la chance d’avoir vu a Budapest…les décors en carton pâte kitshissimes, les mamies en manteaux de fourrure qui accompagnaient leurs petites filles endimanchées qui dansaient entre les fauteuils rêvant à leurs futures carrières…j’avais trouvé cette atmosphère magique. Aussi je n’ai même pas cherché à aller le voir a Paris.
    Néanmoins quelle envie tu me donnes d’aller voir la Source!!! Stella a raison, tes billets devraient t’être offerts! C’est trop tard pour moi mais je vais guetter une reprogrammation…sais tu si comme Casse Noisette ce ballet est représenté plus ou moins régulièrement?
    Bon réveillon et merci pour ce beau billet,

    1. Wouhaou, ça avait l’air dément ce ballet à Budapest ! C’est sûr que l’on hésite avant de recouvrir un tel souvenir d’une nouvelle expérience…

      Pour la Source, je ne suis pas (encore) assez dans les petits papiers de l’Opéra pour connaître la programmation des années à l’avance.
      Ceci dit, j’ai l’impression qu’il y a une rotation des oeuvres sur 3 ou 4 ans. Mais La Source, c’est un peu différent, c’est une création récente (bien que reprise de la fin du 19ème siècle) et je crois qu’elles sont moins souvent mises en scène. J’avance ça quand même avec réserve, car La Source a tout d’un « grand classique », donc ça ne m’étonnerait pas de la voir à l’affiche en….2018 ! Les paris sont ouverts :)

      D’ici là, je te souhaite une excellente année 2015 !

Répondre

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec le symbole « * ».